Publié le samedi 26 juillet 2008

I Want to pogne

26 07 2008

Les Francopholies de Montréal qui se déroulent actuellement, me font penser qu’il y a phénomène relativement nouveau sur la scène de la chanson québécoise. Ce sont les artistes francophones qui enregistrent en anglais. Il y en a eu plusieurs qui l’ont fait depuis trois ans avec beaucoup de succès comme Pascale Picard, Grégory Charles, Corneille, Garou, Sylvain Cossette, The Lost Fingers, Kevin Parent, Éric Lapointe avec Dennis Deyoung et j’en oublie sans doute. À chaque fois que je vois un nouvel artiste comme Pascale Picard sortir un disque en anglais je tique un peu. C’est comme un réflexe automatique de vieux nationaliste pour qui la langue anglaise est synonyme de danger. Suis-je victime d’une sorte de réflexe de Pavlov ou accroché à une ancienne lubie des années 60?

Il aurait été inconcevable pour la plupart des artistes québécois francophones de faire des disques en anglais dans les années 60, 70 et 80. C’est impossible d’imaginer Paul Piché chanter The Stairs ou Richard Séguin American Day, sauf dans nos pires cauchemars. Ceux qui l’ont fait comme les groupes The Box et Men Without Hats en ont payé le prix en n’obtenant pas autant de succès au Québec que dans le reste du Canada. RBO leur doit un de leurs plus grands succès sur disque, « I Want to pogne ». Certains francophones ont pu le faire sans trop de dommage parce qu’ils sont nés ailleurs qu’ici comme Daniel Lavoie et Roch Voisine. La seule artiste dont nous avons accepté l’infidélité linguistique sans la renier est Céline Dion. Mais c’est passé bien proche. Souvenons-nous du scandale au Gala de l’ADISQ quand elle a été nominée dans la catégorie meilleure artiste anglophone de l’année. Si je me souviens bien elle avait réagi avec aplomb en disant qu’elle n’était pas une artiste anglophone et qu’elle avait le droit de faire une carrière internationale en anglais. C’est peut être à cause d’elle que nous sommes devenus plus tolérants.

Les temps ont bien changés. Je crois qu’il n’y a même pas de controverse concernant ces artistes qui chantent en anglais. Après tout, qui sommes-nous pour juger de leurs motivations. L’art, la chanson en est un, est le lieu de toutes les libertés. Nous ne sommes plus dans les années 60 où les artistes étaient investis de la mission de défendre et de promouvoir l’indépendance du Québec et la langue française. La chanson québécoise glisse-t-elle sur une pente dangereuse? Je ne le crois pas. Tant que les radios seront obligées de respecter le quota de 65% de chansons francophones, il y aura toujours assez d’espace pour les artistes qui s’expriment en français. En fait je suis porté à croire que les Pascale Picard et autres Lost Fingers prennent la place occupée par Madonna, Justin Timberlake ou Britney Spears (merci Pascale). Je pense qu’il faut se réjouir que ce créneau soit conquis par des artistes de chez nous.

 





1 Commentaire :

Commentaire écrit le dimanche 27 juillet 2008 à 14:23:17 (lien)
Jla pogne pas
Bonjour,
Moi également ca me dérange lorsqu'un artiste du Québec décide de faire carrière en anglais. Je ne sais pas d'où vient mon réflexe mais j'encourage personnellement tout ce qui se fait en français au Québec. J'ai trouvé déplacé que Pascale Picard chante la première chanson de l'année 2008 au spectacle du Nouvel An à Québec... qui était également l'ouverture du 400ième.

Je ne suis pas contre les artistes qui veulent devenir très populaires internationalement et qui désirent suivre les pas de Céline Dion et Simple Plan... mais ca me fait quand même quelque chose. Dans mon livre à moi, ce ne sont pas les Américains qui vont commencer à chanter en français pour sauvegarder notre culture.



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Pendant ce temps-là à la SQ

26 07 2008

Pendant que le SPVM consacre des ressources pour concurrencer le secteur privé (voir mon article sur le sujet ci-dessous), on apprend que la SQ a accordé plus de 30 millions de contrats à des firmes privées de sécurité au cours des 7 dernières années. Selon Gilles Mitchell, chef des communications à la SQ, la sous-traitance sert à « libérer des enquêteurs et tenter de maximiser le travail de nos policiers » (extrait de La Presse d’aujourd’hui). Voilà une raison de plus pour mettre en doute le service de commercialisation du SPVM.